Citation de Vicente Aleixandre

Publié le par Nicolas Urvoy

« Cette main tombée de l'Occident,

   de la dernière floraison de l'été,

   aborde lentement les cœurs,

   simplement comme le printemps même.

 

   Les bouches mêmes les plus fruitées,

   la tendre chair de la pêche,

   la couleur blanche ou rose,

   le murmure des fleurs tranquilles,

   tout pressent l'évaporation du nuage,

   le ciel serein comme la dent dure,

   la fermeté non travaillée brillante et amoureuse.

 

   L'arôme, le non-effort pour subsister,

   pour s'élever,

   pour se perdre dans le haut désir pourtant réalisable,

   tout cela est avec bonheur présidé par midi,

   par l'infini radieux étreignant le monde comme un amour.

 

   Un immense, un éclatant papillon,

   un souffle ardent qui sans méfiance passe

   prodigue en bonheurs à merveille partagés,

   va et vient, beauté ou temps,

   faisant de lui justement un instant à vol d'oiseau. »

 

Début du poème Liberté de Vicente Aleixandre

Publié dans Autres

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