Poème de Tristan Tzara

Publié le par Nicolas Urvoy

Éveil

 

Hâte-toi vers la joie immense et terrestre, c'est la coupe des paupières qui cogne en dansant contre la paroi de nuit. Assez de la mort explicite, allègre mort utilisée jusqu'au vernis de l'ongle, jeunesse perdue dans les apostrophes de l'hypocrisie ! Assez des ternes souffles des cœurs tressés dans les paniers salubres ! Hâte-toi vers la joie humaine qui est inscrite sur ton front comme une dette indélébile !

Une nouvelle forme de crudité estivale est en train de descendre sur la brume du monde en flocons d'herbe lente et de la couvrir d'une mince couche de joie, prévue d'un glorieux avenir pressenti dans l'acier. Hâte-toi, c'est de la joie humaine et brillante qui t'attend au détour de ce monde démembré, que l'on parle dans la langue de l'asphalte ! Il y a des revers, des sources scellés, des lèvres sur des tambourins et des yeux sans indifférence. Le sel et le feu t'attendent sur la colline minérale de l'incandescence de vivre.

 

Poème de Tristan Tzara

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